Photoquai : 5ème biennale des images du monde, du 22 septembre au 22 novembre 2015

Rendez-vous incontournable de la photographie, depuis sa création en 2007, la biennale des images du monde Photoquai poursuit sa mission fondamentale : mettre en valeur et faire connaître des artistes du monde entier, dont l’œuvre reste inédite ou peu connue en Europe, susciter des échanges, des croisements de regards sur le monde.

Miroir d’un monde en constant mouvement, Photoquai présente les œuvres de 40 photographes contemporains du monde entier issus des grandes zones géographiques représentées au sein des collections du musée du quai Branly. Autour du thème « We Are Family », les 400 photographies sélectionnées seront présentées de jour comme de nuit, pendant deux mois, sur les quais de la Seine en face du musée, au sein d’une scénographie de Patrick Jouin. Elles constituent un instantané inédit de la photographie contemporaine.

Cette année, deux artistes bangladais ont exposé à Photoquai : Sarker Protick and Jannatul Mawa.

Sarker Protick:LOVE ME OR KILL ME

http://sarkerprotick.com/

JPEG Sarker Protick est né en 1986 à Dacca (Bangladesh). Après des études de marketing à l’Université américaine internationale de Dacca, il découvre la photographie vers l’âge de 24 ans, et s’inscrit à l’Institut Pathshala des médias de Dacca. Couleur, lumière, composition minimaliste, perspective frontale : le style de Sarker Protick, qui se dit influencé aussi bien par les photographes américains William Eggleston, Robert Adams, Alec Soth que par les musiciens Erik Satie, Arvo Pärt et John Cage, est aisément reconnaissable. Adepte du numérique et d’une seule focale 35 mm, il vit et travaille à Dacca, et enseigne désormais à l’Institut Pathshala. What Remains, son travail sur ses grands-parents, a été honoré cette année par le jury du World Press Photo.

Photoquai 2015
« Dans le sillage de sa voisine indienne Bollywood, l’industrie cinématographique bangladaise, basée à Dacca – d’où son surnom, “ Dhallywood ” –, produit quelques 100 films par an. Les classes aisées leur préfèrent les productions internationales, mais pour ceux qui, comme moi, ont grandi avec une seule chaîne de télévision, ces films ont longtemps représenté le summum du divertissement. Et ils séduisent encore la majorité des Bangladais. « Love Me or Kill Me », le titre de l’un de ces films, résume le scénario appliqué à tous les autres : un garçon rencontre une fille, ils tombent amoureux, un méchant emmène la fille, le héros se bat pour récupérer sa fiancée. Amour et vengeance, même point d’orgue, même “ happy end ” : la recette est imparable, les gens adorent. Adolescent, je rêvais de devenir musicien et chanteur. En me rendant aux studios de la Bangladesh Film Development Corporation, j’ai été fasciné par l’ambiance : couleurs, lumières, décors, costumes, tout y est désuet, bizarre, déconnecté de la vie réelle... et en même temps, tellement vivant ! » – Sarker Protick

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Jannatul Mawa : CLOSE DISTANCE

https://mawaspace.wordpress.com


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Née en 1973 à Dacca (Bangladesh), Jannatul Mawa est titulaire d’un master de littérature bengali. Elle a étudié la photographie à l’Institut Pathshala des médias, à Dacca, où elle enseigne aujourd’hui. Avant d’entamer une carrière de photographe pour l’Unicef, elle a longtemps milité pour le droit des femmes. Son travail a été exposé au Bangladesh, en Inde, en Thaïlande et au Royaume-Uni.

Photoquai 2015
Issue de la classe moyenne de Dacca, Jannatul Mawa a grandi dans un univers où les domestiques vivent sous le même toit que leurs employeurs. Socialement éloignés, ils partagent pourtant une forme de proximité. C’est ce paradoxe que la photographe a voulu traduire dans la série intitulée Close Distance – « Distance proche », en français. En faisant poser des maîtresses de maison et leurs employés assis côte à côte et cadrés de la même façon dans un décor similaire, elle rend presque palpable le jeu silencieux du pouvoir et de la servitude. Cette forme minimaliste et volontairement répétitive n’enlève rien à la force du regard que Jannatul Mawa pose sur sa communauté d’origine. Si elle sait gré à ses sujets, et tout particulièrement à ces femmes « qui, justement, avaient le pouvoir de [lui] dire non » d’avoir accepté sa proposition, elle n’en questionne pas moins le système du Zamindari (aristocratie terrienne), à l’origine de ces rapports de classe.

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Dernière modification : 16/09/2015

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